
Michael Schumacher
Si loin du compte? On l'attendait beaucoup. Sans doute un peu trop. Après 3 Grands Prix, Michael Schumacher pointe déjà loin des hommes forts du championnat. Mais il faudrait être fou pour enterrer le septuple champion du monde.Mercedes a signé son premier podium à Sepang ce week-end. Mais point de Schumi au moment où résonnaient les hymnes et sautaient les bouchons de champagne. L'Allemand avait depuis longtemps revêtu sa tenue civile, la faute à un écrou de roue récalcitrant au 11ème passage. Une situation qui résume bien le début de saison mitigé de l'ancien pilote Ferrari. Les chiffres bruts parlent d'eux mêmes. Battu à 3 reprises aussi bien en course qu'en qualifs, Schumi compte 24 points de retard sur son jeune et rapide équipier Rosberg. Alors, l'ancien épouvantail du plateau, à la rue? Pas vraiment quand on s'attarde un peu sur les circonstances de course.
Pour son retour à la compétition, Michael livre un week-end sérieux à Bahreïn. Régulièrement une demi-seconde plus lent que Rosberg lors essais libres, Schumi signe le 7ème temps en qualifs et termine 6ème à moins de quatre secondes de Nico, tout en contenant Button et Webber. Honnête.
Deux semaines plus tard en Australie, il devance à deux reprises Nico Rosberg en essais libres et échoue à un souffle de ce dernier en qualif' (moins d'un dixième). Placé idéalement sur la grille, il prend un excellent départ et est sur le point de virer en 4ème position quand Button envoie valser Alonso qui par ricochet accroche l'Allemand. Museau en berne, il est obligé de repasser par la voie des stands et repart bon dernier. Sa remontée est difficile et Michael reste un nombre certain de tours dans les roues de la Toro Rosso d'Alguersari, ce qui lui attire les foudres de la presse. Le même Alguersari qui résiste vaillamment à Massa et Alonso ce week-end à Sepang sans que cela n'émeuve vraiment les journalistes. Pourtant la Ferrari est une voiture clairement meilleure que la Mercedes et le tracé malais bien plus large que celui de l'Albert Park.
En Malaisie justement, Schumi fait plus ou moins jeu égal avec Rosberg en essais libres. Avant de se faire rosser en qualifs. Mais le septuple champion du monde l'avoue sans fard, "il est rouillé sous la pluie" et a sans doute joué la sécurité. Un comportement que beaucoup lui reproche, nostalgique de ses chevauchées destructrices dès que les cieux s'ouvraient. En s'élançant 8ème, Schumi fait pourtant mieux que Massa, Alonso, Button et Hamilton excusez du peu...Il prend de nouveau un bon départ et pointe au 6ème rang quand il est contraint d'abandonner, trahi par sa mécanique.
Pendant ce temps-là. Rosberg a certes été solide et même brillant en qualifs mais il n'a connu aucun souci quand les deux dernières courses de Schumi ont été émaillées d'incidents. De plus, Nico s'est contenté les 3 fois de ramener la voiture à l'arrivée. A Bahreïn, il dépasse certes Hamilton mais se fait reprendre son bien aux arrêts aux stands. A Melbourne il ne doit sa 5ème place qu'à l'accrochage entre le même Hamilton et le bouillant Mark Webber à quelques tours de la fin. En Malaisie enfin, il se fait dépasser par Vettel au départ et puis.......plus rien. Il résistera bien à Kubica en milieu de course pour assurer le podium.
En conclusion, il est clair que Nico dispose d'un petit avantage en vitesse pure et d'une régularité exemplaire en course qui lui permettent de devancer Schumi après 3 courses. Mais le doyen du plateau n'a connu qu'un seul week-end vierge de tout souci, son premier, après 3 ans loin des circuits quand son jeune équipier traverse ce début de saison sans encombre. Enfin il est assez évident que la Mercedes n'est pas (encore) la valeur-étalon du plateau 2010.
Oui, Michael est dominé mais la saison est encore longue et l'écart avec Nico Rosberg, qui n'est pas un peintre non plus, est loin d'être aussi abyssal que ne peuvent le laisser penser les chiffres bruts.