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F1- GP du Japon - Analyse du week-end Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Écrit par JoeValle$   
05-10-2007
Hamilton
Lewis Hamilton
En s'imposant ce week-end au terme d'une course arrosée, Lewis Hamilton a fait un grand pas vers le titre mondial.


30 ans que le grand cirque de la formule 1 ne s'était plus rendu sur le Fuji  Speedway, théâtre, entre autres, du sacre de James Hunt en 1976, pilote brailleur et fantasque. Le genre de pilote qui fait cruellement défaut à l'univers austère et aseptisé des Grands Prix modernes. Le Mont Fuji (propriété de Toyota) revient donc au calendrier aux dépens de Suzuka (propriété de Honda) et de son fabuleux tracé en 8, véritable juge de paix apprécié de tous les pilotes. Dire que l'accueil réservé à ce changement fut mitigé est un euphémisme, les esquisses du nouveau circuit augurant de courses ternes et insipides. Cependant, les pilotes révisèrent et nuancèrent leurs jugements après la première journée de vendredi.

La séance de qualification se déroule sur une piste détrempée, conséquence d'une météo souvent instable au pied du point culminant de Japon. Alors 17ème en Q1, Lewis Hamilton s'élance pour un dernier tour chronométré. Le leader du championnat du monde qui voit fondre sur lui son équipier Fernando Alonso et désormais Kimi Räikkönen n'a pas le droit à l'erreur. Le bonhomme est solide, il accède à la Q2, avertissement sans frais, fin de l'histoire. Le jeune Britannique ne se laissera plus surprendre, devançant par deux fois son illustre équipier dans des conditions climatiques qu'il apprécie particulièrement. Les McLaren trustent donc la première ligne, suivis par les deux Ferrari de Räikkönen et Massa. Ces qualifications réservent toutefois de belles surprises: Jenson  Button, en proie à une monoplace rétive et peu performante depuis le début de saison se rappelle au bon souvenir de tous en signant un très bon 7ème temps (6ème sur la grille, Rosberg étant rétrogradé de 10 places sur la grille) et Vettel hisse pour la première fois une Toro Rosso en Q3 (9ème temps, devant Kubica!).

Le dimanche est pluvieux et décision est prise de donner le départ sous le régime de la voiture de sécurité. Les tours à faible allure s'enchaînent et la "course" commence à virer à la mascarade. Cette situation burlesque n'empêche pas les rebondissements. Massa, en intermédiaires, part à la faute et repasse par les stands pour chausser des gommes fortes pluie. Il est imité quelques tours plus tard par son équipier finlandais, ce qui ne manque pas d'étonner le paddock. Ferrari expliquera après-coup ne pas avoir reçu à temps l'e-mail de la direction de course informant les équipes de la possibilité de chausser des gommes adaptées aux conditions de piste, curieux. Les monoplaces rouges se retrouvent donc en queue de peloton et Kimi voit ses espoirs de titre noyés sous la pluie nippone. Les minutes défilent et le Safety Car ne rentre toujours pas. Les bolides tournent en 2'10" quand Tonio Liuzzi, accusant un tour de retard est autorisé à dépasser la voiture de sécurité pour se retrouver dans le même tour que ses concurrents. L'Italien boucle un tour en 1'40" qui accélère le retrait du Safety Car. Le premier virage sonne le glas des espoirs de podium pour Button. Nick Heidfeld est plus lent que l'Anglais mais aussi que Vettel tous deux en configuration pluie. Ce ballet à trois est fatal à la moustache de la Honda, qui poursuit néanmoins quelques boucles de plus avant de se rendre à l'évidence et changer d'aileron avant. Devant, Hamilton, et c'est une petite surprise, creuse l'écart sur Alonso. Les duettistes de chez McLaren oublie littéralement leurs poursuivants creusant des écarts conséquents en quelques tours seulement.

Le premier relais est animé par Kubica, qui se débarrasse des deux Renault de Fisichella et Kovalainen au prix de dépassements osés, et Räikkönen, qui lentement mais sûrement, se rapproche des points. Au 27ème tour Alonso ravitaille et embarque assez d'essence pour rallier l'arrivée. Il ressort dans le trafic et est imité par Hamilton un tour plus tard qui lui ressort avec une piste dégagée. Piqué au vif, l'Espagnol évite une première fois la correctionnelle en sortant large dans l'avant dernier virage. Las, le double champion du monde se fait surprendre quelques encablures plus loin et vient encastrer sa MP4/22 dans le mur. Le choc est rude plus sur le plan moral que physique d'ailleurs. Alonso s'extirpe sans peine de sa voiture et rejoint les abords du tracé. Son visage ne traduit aucune colère ou frustration. Comme Michael Schumacher l'année passée, l'Asturien sait que le titre vient de s'envoler. Cruelle ironie puisque la saison dernière c'était lui qui avait bénéficié de l'abandon de Schumi....au Japon déjà.

Le Safety Car fait de nouveau son entrée en piste avec cet ordre: Hamilton, Webber (!), Vettel (!) et Kovalainen. L'impensable se produit alors: Vettel percute la RB3 de Webber. Les deux pilotes sont contraints à l'abandon. L'Australien, victime d'une intoxication alimentaire la vieille et qui n'a pu s'empêcher de vomir lors du premier Safety Car (!), fulmine et jette son volant de rage alors que Vettel s'effondre en larmes dans son stand. La course reprend ses droits et Hamilton s'échappe de nouveau. Il reste une vingtaine de tours et Räikkönen poursuit sa remontée. Le Finlandais est beaucoup plus rapide que ses concurrents à un endroit précis du tracé où sa trajectoire très à l'extérieur lui procure un gain de vitesse substantielle. Il se débarrasse successivement de Heidfeld et Coulthard et donc pointe en 4ème position. Devant lui Massa, observe son arrêt aux stands et laisse les deux pilotes Finlandais en découdre pour le gain de la seconde marche du podium. Si l'attaque de Kimi est belle même s'il manque plusieurs fois de se sortir définitivement, que dire de la défense de Kovalainen. Envolés les débuts chaotiques, Heikki est un nouvel homme désormais.

Et le leader? Il va bien merci pour lui. Hamilton déroule en tête de course sans toutefois assurer trop, une erreur est si vite arrivée. Finalement il remporte un 4ème succès cette saison après 2h d'une course haletante et éprouvante pour les nerfs. Derrière nous assistons à un dernier tour d'anthologie: Räikkönen trouve enfin l'ouverture sur Kova mais ce dernier le repasse dans le virage qui suit et tient bon jusqu'au drapeau à damier. Massa et Kubica, eux, se livrent un duel fantastique tout au long des derniers kilomètres. Les monoplaces se heurtent, les pilotes s'échangent leur position plusieurs fois. A l'abord du dernier virage, Massa est devant mais le Polonais lui fait l'intérieur et l'envoie à l'extérieur. Le Brésilien n'abdique pas et revient en piste devant le pilote BMW. Après le Canada et Le Nürburgring on pensait avoir été servi niveau course à suspense et émotions, souhaitons que la fin de la saison en soit tout autant, même si le sacre de Lewis se précise de plus en plus.
 
 

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Dernière mise à jour : ( 11-10-2007 )
 
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