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F1- GP de Chine - Hamilton out, Räikkönen gagne - Analyse Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par JoeValle$   
11-10-2007
alonso kimi
Alonso et Räikkönen
L'impensable s'est produit ce week-end avec l'abandon de Lewis Hamilton, alors en tête, qui relance totalement le championnat.



L'affaire était entendue: Lewis Hamilton allait être sacré champion du monde en Chine, à 22 ans seulement, entrant par la grande porte dans l'Histoire du sport automobile. Parti en pole pour la sixième fois de la saison, le Britannique avait semé ses concurrents et les graines qui mènent au succès. Il s'apprêtait à en récolter les savoureux fruits en se tressant une couronne de lauriers. Oui mais voilà la météo asiatique est capricieuse et après avoir favorisé sa récolte la semaine dernière au pied du Mont Fuji, elle l'accabla cette fois-ci. L'écorce de son pneu avant gauche se fissura et c'est toute la monoplace qui se fanât. Lewis n'est encore qu'une jeune pousse mais il se dressa fier comme un chêne. Il plia, ploya, refusant de perdre (ou plutôt ne pas gagner) ce Grand Prix. Balloté comme une feuille morte, il vint s'échouer à l'entrée des stands, dans le gravier, terreau maudit de ses espoirs déçus (déchus?).
Cet incident, aussi capital fut-il, ne devait pas nous faire oublier l'action en piste et de l'action il y en eut. Ralf Schumacher entama sa tournée d'adieux en faisant (en se donnant en?) le spectacle: tête-à-queue au départ après une brillante qualif', remontée fulgurante, dépassements (trop) osés, accrochage et dérobade fatale juste avant la ligne droite. Une course à l'image de sa fin de carrière, faite de coups d'éclats, trop sporadiques et d'erreurs parfois stupides. Il eut au moins le mérite de nous faire vibrer au contraire de son équipier Jarno Trulli, nulle part depuis quelques courses et anonyme 13ème ce week-end.
Les prétendants au titre connaissaient, quant à eux, des fortunes diverses. Fernando Alonso avait sans doute dépensé trop d'énergie et de verve dans la presse pour fustiger, parfois à juste titre, l'attitude son écurie tant il semblait résigné sur la piste. Seulement 4ème à l'issue de la séance de qualifications à 6 (!) dixièmes de son coéquipier, l'Espagnol avait bien tenté d'intimider les Ferrari au départ, réussissant même à dépasser Massa, qui reprit son bien avant la fin du premier tour, mais cela ressemblait plus à un baroud d'honneur. On a connu Alonso plus tranchant et mordant. Un peu éteint donc, le double champion du monde reprit des couleurs à la vue de la monoplace flanquée du numéro2, piégée à l'entrée des stands. Il se mit à hausser le rythme et décrocha la seconde place devant un Felipe en retrait mais derrière un Kimi Räikkönen des grands jours.
Le Finlandais avait dominé toutes les séances d'essais libres et de qualifications avant de se "contenter" de la seconde place sur la grille, échouant à un petit dixième de la pole avec 6 tours de carburant en plus! Le premier relais avait été frustrant. Lewis prenait le large inexorablement, grignotant tour après tour les dixièmes qui le séparaient de la consécration annoncée. En proie à des soucis pneumatiques, Kimi a fait le dos rond, ne concédant que 8 secondes au pilote McLaren tandis que les autres buvaient la tasse. La première salve de ravitaillement lui permit de grappiller de précieuses secondes. Puis, l'écart à fondu en même temps que le pneu de Lewis. Kimi, tel un chasseur a senti l'odeur de la monture blessée. Il aurait pu tenter un dépassement précoce et ruiner ses chances, il n'en fut rien. Patient et méthodique, il guetta la moindre erreur du leader, erreur qui ne tarda pas à arriver. Au 29ème tour, Lewis, dont la résistance virait à l'acharnement, a viré large, Kimi s'est engouffré dans la brèche: imparable!
Dans ces conditions climatiques particulières, certains tentèrent des paris plus ou moins judicieux. Webber fut le premier à chausser des gommes sèches. La première boucle fut délicate. L'Australien était sur des œufs, veillant à ne pas perdre le contrôle d'un bolide de 700 CV sur une piste encore partiellement humide. Il fut imité quelques tours plus tard par Massa, Kubica et d'autres courageux. A cet instant, la pluie fit une brève réapparition, ce qui mit à contribution les talents d'équilibristes de nos funambules. Heureusement les nuages et les doutes furent vite chassés et Kubica commença à enchaîner les tours météoritiques. Il reprenait 8 secondes (!) par tour au leader. Quand Kimi ressortit des stands avec des gommes tendres, le Polonais était déjà passé. Las, Robert n'est pas en veine cette saison et un tour à peine plus tard, il rangeait sa BMW, boîte de vitesse et moral brisés.
L'ordre après toutes ces péripéties était le suivant: Räikkönen, Alonso, Massa et.....Button. On sait l'Anglais à l'aise sous la pluie depuis sa brillante et pour l'instant unique victoire en Grand Prix l'année passée en Hongrie, il nous le prouva une nouvelle fois ce week-end. Profitant d'un nivellement des performances des monoplaces, Jenson laissait parler son talent et sa vista. Il revenait à grandes enjambées sur Massa quand il dut observer son dernier arrêt aux stands, laissant la voie libre à.....Sébastian Vettel! Malheureux au Japon après une course de toute beauté, le jeune Allemand sut combiner pilotage et stratégie pour aller cueillir une très belle 4ème place devant le pilote Honda. L'écurie Toro Rosso, plus souvent mentionnée pour ses coulisses tumultueuses que ses exploits en piste, réalise la très bonne opération de ce week-end puisque dans le même temps Tonio Liuzzi finit 6ème en parvenant à contenir Nick Heidfeld, assez discret à Shanghai. En vieux briscard, David Coulthard complète le top 8.
Grâce à la 14ème victoire de sa carrière, la 5ème cette saison, Kimi Räikkönen peut encore caresser le fol espoir d'être champion du monde, tout comme Fernando Alonso du reste. Avec 107 points pour Hamilton, 103 pour Fernando et 100 pour Kimi, la lutte promet d'être âpre et tendue jusqu'au dernier drapeau à damiers de la saison dans deux semaines à Interlagos au Brésil. On n'ose imaginer le climat délétère qui régnera alors chez McLaren et qui pourrait permettre à Kimi de tirer les marrons du feu.
 
 
 
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Dernière mise à jour : ( 11-10-2007 )
 
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