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F1 - Grand prix d'Australie, analyse de la course - Hamilton frappe d'entrée Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Julien Billiotte   
17-03-2008
hamilton
Lewis Hamilton gagne en Australie
Le pilote McLaren s'est imposé hier lors de la manche inaugurale de la saison dans des conditions qui ne sont pas sans rappeler celles de son premier succès.

Le généreux soleil qui a baigné l'Albert Park à l'occasion de la manche inaugurale de la saison a du donner du baume au cœur à Lewis Hamilton après une intersaison morose. Nul doute que le jeune Britannique a du ressasser à maintes reprises l’étourdissant, et ô combien cruel pour lui, final d'Interlagos. L'occasion de coiffer la couronne mondiale ne se présente pas tous les jours et d'autres avant lui s'en s'ont mordus les doigts de l'avoir laissé filer. 12 mois après ses débuts tonitruants sur ces mêmes terres, le prodige de McLaren a changé de statut passant de celui de débutant à celui de candidat au titre. Avec le départ de Fernando Alonso, Lewis s'est logiquement imposé comme la valeur étalon à Woking. Comment allait-il gérer ces nouveaux rôles à l'entame d'une saison où tout autre résultat que le titre serait perçu comme une déception? Les attentes vont de pairs avec les performances passées et peuvent parfois inhiber celui qui les génère. La réponse d'Hamilton à toues ces interrogations a le mérite d'être claire et sans appel.

Idéalement placé lors des différentes sessions d'essais libres, le Britannique a surgi au moment opportun pour subtiliser la pole position à Robert Kubica quand les autres gros bras du championnat trébuchaient. A l'extinction des feux il sut faire preuve d'autorité pour éteindre les ardeurs du Polonais. Il a viré en tête au premier virage et laissé derrière lui le chaos s'installer. Massa, victime d'une dérobade de sa monture a vu ses espoirs de bien figurer anéantis. Derrière, des frictions n'ont pas manqué d'agiter le peloton, laissant sur le carreau de nombreux pilotes. Fisichella, Button, Davidson, Vettel et Webber firent en effet les frais d'un premier tour tumultueux et obligèrent le déploiement de la voiture sécurité. Ces premiers virages furent néanmoins suffisants à Nico Rosberg pour pointer, après un magnifique envol, au 4ème rang, Rubens Barrichello au 7ème et Kimi Räikkönen au 8ème. Le champion du monde venait d'effacer la moitié de son handicap sur la grille au prix de dépassements musclés et osés. Le classement était donc le suivant: Hamilton, Kubica, Kovalainen, Rosberg, Heidfeld, Trulli, Barrichello et Räikkönen.

Une fois la meute libérée, Hamilton ne tarda pas à creuser un écart conséquent avec ses poursuivants à raison de plusieurs dixièmes par tour. Les positions se figèrent ensuite et même Räikkönen, visiblement chargé en essence, ne tentait pas le diable sur Barrichello. Seul Massa, reparti bon dernier, apportait un peu d'animation en avalant goulument des adversaires de moindre calibre. Kubica, conformément aux prévisions, ouvraient le bal des ravitaillements au 16ème tour avant d'être imité deux boucles plus tard par le leader Hamilton. Les arrêts aux stands ne bouleversèrent pas la hiérarchie, même s'ils permirent à Kovalainen de s'emparer de la seconde marche du podium et à Räikkönen, sur une stratégie à un arrêt, de pointer au troisième rang.
L'apparente tranquillité de la course allait voler en éclats en même temps que le RB4 de David Coulthard, victime d'un dépassement tardif de Massa alors en pleine remontée, vieille habitude australienne qu'il a pris depuis l'année dernière. La voiture de sécurité fit de nouveau son apparition et s'en suivit une intense valse d'arrêts aux stands. La hiérarchie, mise à mal par cette nouvelle intervention du safety car, s'esquissa quand la course reprit ses droits. Hamilton était solidement accroché à la tête devant son coéquipier et le champion du monde en titre. Pourtant d'un sang froid à toute épreuve, le Finlandais de Maranello pêcha par gourmandise en tentant de se défaire de son compatriote. Emporté par sa fougue, il tira tout droit dans les graviers et reprit la piste 11ème et bon dernier.

De nouveau, Hamilton, sûrement et irrémédiablement se détachait devant pour mener cavalier seul. On voguait alors sereinement vers un doublé des Flèches d'Argent quand Timo Glock alors 9ème vira large au Turn 12. Sa voiture décolla avant de retomber lourdement et partir en toupie. Le débutant allemand en fut quitte pour une grosse frayeur et un mal de dos et la voiture de sécurité, décidément très sollicitée ce week-end, dut intervenir une troisième fois.  Si la situation devenait idéale pour Hamilton qui venait d'effectuer son arrêt aux stands elle l'était beaucoup moins pour son équipier qui dut se résoudre à faire une croix sur un podium pourtant mérité. On se retrouva dans le cas de figure étonnant où Räikkönen, bien revenu après une nouvelle excursion hors-piste, Alonso, peu en vue jusque là et Kovalainen fermait la marche avec seulement 10 pilotes encore en lice. Ils ne furent bientôt plus que 9 quand Kubica fut harponné par le bouillant Nakajima au moment où s'effaçait le Safety Car.

Pour la énième fois de la journée Hamilton se libéra de l'emprise de ses dauphins, à savoir Heidfeld et Rosberg. Sébastien Bourdais hérita d'une magnifique 4ème place suite à a pénalité infligée à Rubens Barrichello pour avoir ravitaillé sous le régime de la voiture de sécurité. Le débutant français usa aussi bien sa science de la course que sa vitesse durant cette "course à l'américaine" et tînt en respect pendant de nombreux tours la BMW de Kubica d'abord puis la Renault d'Alonso et la McLaren de Kovalainen dans les ultimes boucles de ce Grand Prix haletant. Las, à deux tours du but, son moteur Ferrari rendit l'âme et l'empêcha de signer un exploit retentissant. Devant, Hamilton franchissait la ligne en vainqueur, Heidfeld montait sur le 7ème podium de sa carrière et Nico Rosberg s'offrit les honneurs du champagne pour la première fois. La lutte pour la 4ème place fut intense jusqu'au drapeau à damiers. Si Kovalainen parvint à se dédoubler et dépasser Alonso avec brio, l'Espagnol profita d'un ralentissement étrange du Finlandais pour reprendre sa position et la conserver. Barrichello finit 6ème avant d'être déclassé pour avoir ignoré un feu rouge à la sortie des stands, ou comment ruiner une course jusque là brillante.  Nakajima hérita de cette place. Le Japonais marque ses premiers points en f1 en terminant....bon dernier! Les nombreuses péripéties qui ont émaillé ce Grand Prix auront en effet causé l'abandon des deux-tiers du peloton. Ayant couvert plus de 90% de la distance du GP Sébastien Bourdais récolte donc les deux points de la 7ème place et la dernière unité revient à ...Kimi Räikkönen. Le champion du monde sera passé par tous états durant cette course avant d'abandonner à 5 tours de l'arrivée.

Du chaos australien a donc émergé le génie de Lewis Hamilton. On pouvait penser que l'abandon de l'anti-patinage révélerait de légères imperfections dans son pilotage, il n'a fait que le sublimer. Lewis envoie donc un signal fort à ses concurrents pour le titre. 2007 appartient désormais au passé. Certains feraient bien de s'en inspirer s'ils veulent s'épargner une nouvelle course-poursuite car il serait surprenant de voir Lewis réitérer les mêmes erreurs que l'an passé.

1 commentaire pour cet article .
(1) Ecrit par caroline 18-03-2008 19:52
j'ai regardé la course et je remarque que c'est les jeune pilotes qui s'en sorte le mieu sans l'anti patinage
félicitation à Lewis. c'était une belle course
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Dernière mise à jour : ( 23-08-2008 )
 
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