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F1- GP d'Espagne, doublé Ferrari, Alonso abandonne Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Julien Billiotte   
29-04-2008
Kimi raikkonen
Kimi raikkonen
La Finlande souffle le show et l'effroi. Kimi Räikkönen s'est imposé avec autorité au terme d'un Grand Prix d'Espagne marqué par la violente sortie de piste de son compatriote Heikki Kovalainen

En quittant Bahreïn, Kimi Räikkönen devait osciller entre satisfaction et frustration. Certes sa deuxième place et les 8 points qui l'accompagnent lui permettaient de s'emparer de la tête du classement pilote, mais jamais au cours du week-end oriental il ne parvint à mettre le doigt sur les bons réglages, ceux qui auraient pu lui permettre d'aller chercher son équipier Felipe Massa. Car si la domination actuelle des Ferrari venait à se confirmer, le principal rival du Finlandais en vue de la couronne mondiale ne serait autre que le Brésilien. Après deux courses inaugurales décevantes de la part de Felipe, il aurait été judicieux d'asseoir un peu plus sa domination au sein de la Scuderia et tuer dans l'œuf toute velléité brésilienne.

Kimi est donc arrivé à Barcelone un poil revanchard, d'autant plus qu'il avait été copieusement dominé l'an passé sur le tracé catalan, qui s'il n'accouche rarement de grands moments de bravoure reste une des références pour les voitures et les pilotes. Et il n'a laissé à personne d'autre le soin de s'adjuger une brillante victoire, victoire qu'il a construite en trois étapes.

Tout d'abord il signa un tour de qualif' idéal en Q3 avec une monoplace plus chargée en essence que ses concurrents directs et souffla la pole au héros local, Fernando Alonso, de retour, avec Renault, au premier plan après un début de saison moribond. Massa était 3ème et les McLaren devaient se contenter de la troisième ligne. Deuxième étape dans la marche triomphale de Kimi, un envol sans heurt, ce qu'il accomplit en douchant les ardeurs de Felipe, plus prompt qu'Alonso à l'extinction des feux. Enfin il ne lui restait plus qu'à livrer une course limpide et sans erreur, ce qu'il fit dans son plus pur style mélange étonnant de fluidité et précision.

Rien ne vint entraver la fuite en avant de Kimi, pas même les deux interventions de la voiture de sécurité. La première survint pour une chamaillerie en queue de peloton entre Sutil et Vettel, malheureusement coutumiers du fait depuis le début de la saison. La seconde fit passer un frisson dans le paddock. 22ème tour d'une course jusque là conforme aux précédentes éditions espagnoles: alors qu'il négociait un virage à plus de 240km/h, Heikki Kovalainen fut victime d'une rupture mécanique. La direction ne répondit plus, impossible de braquer, la MP4/23 tira tout droit dans un mur de pneus. La décélération fut brutale, la monoplace encastrée sous les gommes. De longues minutes s'écoulèrent tandis que passaient en boucles les images de l'incident. Finalement le pilote McLaren fut extrait de son cockpit et rassura la foule en brandissant son pouce.

Après 10 minutes d'interruption la course reprit ses droits et Kimi reprit ses aises. Il parvint à tenir à distance son équipier sans grande difficulté. Hamilton était troisième après un bon départ et suivait le rythme des Ferrari, tout comme Robert Kubica d'ailleurs, de nouveau solide et belle surprise de ce début de saison. Son équipier Heidfeld joua de malchance quand il vit le Safety Car sortir dans sa fenêtre de ravitaillement. Il n'eut d'autre choix que d'écoper d'un stop-and-go qui ruina ses espoirs de bien figurer. Il serait peut être temps que la FIA se penche sur ce problème, apparu avec la nouvelle règlementation concernant la voiture de sécurité.
Les seuls soubresaut qui animèrent la course vinrent des pistons des moteurs d'Alonso et de Rosberg qui rendirent l'âme et condamnèrent ces deux pilotes alors qu'ils voguaient vers de précieuses unités.

Finalement Kimi Räikkönen signa son 17ème succès en carrière, le second de la saison, qui le place dans une position confortable au championnat, neuf points devant Lewis Hamilton, qui goûte de nouveau aux joies du podium après deux courses mitigées, dix devant la sensation Kubica et onze devant son coéquipier, qui apprend à engranger ces points intermédiaires si déterminants en vue du titre. BMW perd la tête au championnat constructeur au profit de Ferrari, qui s'octroie un second doublé de rang. Derrière, Mark Webber rentre de nouveau dans les points devant un étonnant et opportuniste Button, un régulier Nakajima et un pugnace Trulli.
Au soir de ce Grand Prix d'Espagne, l'amertume de Kimi s'était sans doute envolée dans la nuit catalane. Il a prouvé qu'il était le patron.
 
 
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Dernière mise à jour : ( 23-08-2008 )
 
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