
Franck Williams
Williams, du plomb dans l'aileron. Des essais hivernaux prometteurs, des débuts en fanfare et puis....plus rien! Qu'arrive-t-il à l'écurie de Sir Franck?Il avait pourtant bien débuté ce 30ème anniversaire. Nico Rosberg avait ouvert les festivités en signant son premier podium en f1 lors de la manche inaugurale en Australie. Le débutant Kazuki Nakajima s'était joint également à la fête en terminant 7ème (6ème après le déclassement de Barrichello) au cours d'une course hécatombe. 9 points, une deuxième place provisoire au classement des constructeurs et un large sourire sur les visages de Franck Williams et Patrick Head, peut-être les derniers garants d'une certaine forme d'élégance de la f1.
L'écurie de Grove entamait ce championnat gonflée à bloc après une campagne 2007 plus qu'encourageante et des essais d'intersaison qui laissaient entrevoir un potentiel certain. Las, depuis Melbourne les FW30 n'ont inscrit que 7 maigres unités en 8 courses et Williams pointe désormais au 6ème rang dans la hiérarchie. Bien sûr le retour en force des Ferrari, insipides aux antipodes, et la montée en puissance de BMW étaient prévisibles, en revanche on ne s'attendait pas à voir Williams dominée par Toyota et Red Bull. En outre, avec 16 petits points, l'écurie anglaise ne devance Renault que d'une unité et Honda de deux.
Alors comment expliquer un tel coup d'arrêt? Tout d'abord, la FW30 n'est pas la fusée entrevue en essais privés, nouvelle preuve que les performances hivernales sont toujours à prendre avec des pincettes. Elle fut notamment totalement hors du coup en Malaisie (le nouveau bitume du tracé était alors en cause!) ainsi qu'en France. Mais incriminer la seule voiture pour expliquer les errements de Williams reviendrait à occulter la part de responsabilité des pilotes dans cette lente agonie.
Super rapide pour son premier Grand Prix à Interlagos l'année passée ainsi que durant l'intersaison, Nakajima enflamme moins les chronos cette saison mais sa régularité et son opportunisme lui permettent d'engranger des points à la moindre occasion. Tout le contraire de son équipier en somme. Auréolé d'une grosse cote après une saison 2007 remarquable, propulsé numéro 1 de l'écurie, Nico Rosberg avait démarré sur les chapeaux de roues à Melbourne. Avant de marquer le pas. Sa pointe de vitesse n'est pas remise en cause comme l'attestent ses excellentes qualif' au Canada et à Monaco mais l'Allemand a commis pas mal d'erreurs qui au final lui coûtent de gros points. Dans les rues de la Principauté, son rythme lors du week-end est impressionnant mais par deux fois il essuie son aileron avant sur la monoplace qui le précède avant de détruire sa monoplace à la piscine. A Montréal il est quatrième quand il imite son copain Hamilton et vient emboutir la McLaren du pilote britannique au feu rouge des stands. Enfin nouveau grand prix de folie en Angleterre et nouvelle moustache arrachée: il termine à la porte des points juste derrière son coéquipier. Trois grands prix où les circonstances de course furent chamboulées et où Nico est parti bêtement à la faute. A l'avenir, il lui faudra calmer ses ardeurs et retrouver la sérénité de 2007 s'il veut remporter des courses voire le championnat.
Alors que la saison 2008 vient de basculer dans sa seconde moitié, Williams peut encore se battre pour la 4ème place au championnat constructeurs mais la lutte risque d'être âpre et il faudra éviter de gâcher les occasions qui ne manqueront pas de se présenter. Il ne faudrait pas en effet que les 30 ans de Williams tournent au vinaigre. Sir Franck mérite mieux comme cadeau d'anniversaire.
1 commentaire pour cet article .
(1) Ecrit par Visiteur 12-07-2008 11:17
Williams est en effet le dernier tenant du pavé des écuries vraiment indépendantes. De ce fait, leurs moyens ne sont pas les mêmes. Williams avait réussi à pondre une FW30 performante pour le début de saison, mais qui n'arrive plus à suivre la candence de développement des autres écuries - ne parlons pas de Ferrari, McLaren ou BMW-Sauber - normal...mais surtout, ne tient plus tête à Red-Bull ! Ce qui est déjà plus grave...Ensuite pour ce qui est des pilotes, je pense que Rosberg est un grand pilote, mais peut-être exagère-t-on un peu ses réelles capacités. Je le vois un peu comme Hakkinen = quand tout va bien et que la monoplace est performante, il est capable de grande choses. Dans le cas contraire il sombre...
Tout le contraire de Kazuki qui se construit son expérience dans l'adversité sans jamais baisser les bras, le fameux "fighting spirit" n'est pas monopole des Anglais et Kazuki Nakajima fera encore parler de lui en F1 à l'avenir.