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F1 - GP d'Australie 2009 - Button gagne, Ferrari et Renault KO Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Julien Billiotte   
30-03-2009
Brawn gp
Jenson button en action
Coup de tonnerre! Un pilote anglais s’est de nouveau imposé a Melbourne, mais pas vraiment celui qu’on attendait.

Les promesses hivernales sont une chose, le verdict de la piste en est un autre. Nombreuses furent les écuries qui par le passé éblouirent la morne saison pour voir leur rêves de gloire se briser une fois le printemps revenu.

Alors Brawn GP, feu de paille ou feu d’artifice ? Réguliers et appliqués les pilotes de l’écurie de l’ancien stratège de Benetton et Ferrari ont laissé Nico Rosberg et sa Williams sous les feux de la rampe en début de week-end. Pour mieux surgir au moment opportun. La première ligne de la grille, Button devant Barrichello, fut la mise en orbite idéale de débuts qui feront date dans l’Histoire du sport. Les derniers sceptiques virent leurs doutes balayés quand furent révélés les poids des monoplaces, l’une des rares bonnes initiatives de la FIA ces derniers temps. Non, les Brawn GP ne partaient pas les réservoirs vides. Elles embarquaient même plus d’essence que leurs concurrents. De quoi donner des migraines aux ingénieurs des écuries rivales.

Le départ est souvent chaotique sur le tracé du Parc Albert. 2009 ne fit pas exception. Si Button démarra avec aisance, Barrichello cafouilla son envol et se retrouva au cœur du traditionnel incident du premier virage. Il en sortit presque indemne au contraire du héros local et grand chanceux devant l’éternel, Mark Webber. Bien aidés par leur KERS, les Ferrari de Massa et Raikkonen, peu en vue jusque la, s’étaient hissés en 3eme et 5eme position. Elles ne tardèrent cependant pas à voir leurs gommes super-tendres se déliter, perdant ainsi une poignée de secondes à chaque passage. Il serait de bon ton de résoudre ce problème et vite. Augmenter les dépassements, l’idée est charitable, mais pas au détriment de la crédibilité du sport et surtout de la sécurité des pilotes. Button et Vettel en profitèrent pour s’échapper. L’écart entre les deux hommes oscillait entre 4 et 5 secondes. Plus loin, Lewis Hamilton se montrait patient et remontait doucement, usant judicieusement de son KERS pour se défaire de ces adversaires.

La mi-course approchait quand Kazuki Nakajima vint pimenter les événements en encastrant sa Williams dans l’un des murs du tracé. La Safety Car entra alors en piste, un peu tardivement au gout de certains, et Button vit son avance fondre. La nouvelle règle en matière de voiture de sécurité empêcha toutefois les opportunistes de se hisser aux avant-postes. Les quelques boucles parcourues a vitesse réduite firent chuter dramatiquement les températures des pneus et le restart vit plusieurs pilotes conduire sur des œufs. Button, imperturbable, reprit sa marche en avant, maintenant toujours à distance la Red Bull de Vettel. Il leur fallait encore chausser les enveloppes tendres et affronter l’inévitable chute de performance qui va avec. Ferrari aurait pu en profiter pour venir inquiéter les leaders mais les monoplaces de Maranello avaient disparu du paysage depuis quelque temps. Peu aidé par une stratégie maladroite, Felipe Massa vit son calvaire prendre fin quand un problème mécanique le contraint à l’abandon. Kimi Raikkonen, de son coté, reprit sa relation tumultueuse avec les abords des tracés du championnat du monde. Le Finlandais vint en effet embrasser un mur après une dérobade du train arrière en sortie du virage 13. Un bécot couteux puisqu’il relégua le champion du monde 2007 dans les profondeurs du classement.

C’est donc Robert Kubica qui enfila le costume du chasseur dans les derniers instants de la course. Le pilote Polonais revint a grandes enjambées sur ses proies, freinées dans leur élan par ces maudites gommes tendres. Revenu sur les talons de Vettel, Robert saisit la première erreur de l’Allemand, au bout de la ligne droite des stands, pour bondir à l’extérieur du virage suivant. Une manœuvre audacieuse, deux compétiteurs refusant de céder : l’accrochage était inévitable. Meurtris, les deux hommes poursuivirent leur route avant d’écraser leurs monoplaces quelques encablures plus loin. Un peu plus de lucidité aurait sans doute permis au pilote BMW de déposer sans heurt la Red Bull a l’agonie. Mais le parfum de la victoire en a enivré plus d’un avant.

La voiture de sécurité en fut quitte pour une seconde sortie dominicale. Elle s’effaça à quelques mètres de l’arrivée pour laisser Jenson Button franchir la ligne en vainqueur pour la deuxième fois de sa carrière. Le bonheur fut total pour Brawn GP puisque Rubens Barrichello profita de l’incident Vettel/Kubica pour se hisser sur la seconde marche du podium et offrir un doublé historique pour la nouvelle écurie de Brackley. Trulli fut un éphémère 3eme avant de se voir disqualifier pour avoir dépassé sous le régime du Safety Car. Lewis Hamilton hérita de la position et des 6 points qui l’accompagnent. 12 mois auparavant il avait été impressionnant de maitrise pour s’imposer. Jenson en fut tout autant ce week-end. Après un hiver des plus rudes, la victoire n’en est que plus douce pour l’ancienne coqueluche des médias britanniques.
L’espace de deux heures, la f1 nous a offert son plus beau visage : celui d’un sport loin des polémiques, des scandales et des atermoiements d’avant-saison, d’une discipline ou triomphent le talent et l’intelligence, celui de Ross Brawn, radieux au moment de recevoir le trophée des constructeurs sur le podium, l’esprit sans doute déjà a Sepang. Et comme l’appétit vient en mangeant...

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Dernière mise à jour : ( 30-03-2009 )
 
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